Une faune si diversifiée

Comme dans de nombreux pays africains, le lion de l’Atlas, le guépard, l’oryx et l’éléphant ont aujourd’hui disparu du Maroc, mais il reste encore quelques félins à observer, tels le léopard de Barbarie, le lynx caracal et le chat des sables, qui sont eux aussi au bord de l’extinction. Cependant, en parcourant le pays, vous rencontrerez à coup sûr des mules, des chèvres, des moutons, des chevaux et des dromadaires souvent en liberté, parfois au bord de la route, parfois en pleine ville. Dans le Haut Atlas et le Moyen Atlas, il faudra sortir de nuit pour observer renards, chacals, belettes, porcs-épics et plus rarement hyènes. Néanmoins, de jour, il est possible d’apercevoir de nombreuses espèces, dont l’écureuil de Gétulie, facilement observable, et le mouflon, à plus de 2 000 mètres d’altitude. Seul macaque vivant hors d’Asie, le magot, appelé aussi singe de Barbarie, est l’une des espèces phares du pays, aujourd’hui menacée d’extinction. On le retrouve dans les forêts d’Ifrane et du Rif, à l’état sauvage, et sur la place Jamaâ El Fna à Marrakech, où ils servent tristement d’accessoires photo aux touristes.

Le dromadaire, roi du désert

Surnommé le chameau d’Arabie, le dromadaire est par excellence l’animal emblématique du Sahara, avec près de 70 000 individus répertoriés sur son territoire. Il est introduit au Maroc vers le IVe siècle et bouleverse les habitudes nomades des tribus berbères, dès son arrivée. D’ossature plus forte que son congénère saharien, résistant aux chaleurs brûlantes et aux longues méharées, il permet à ces peuples de développer leur projet de conquête et de favoriser les échanges commerciaux avec les populations. Bien qu’encore utilisé dans le Souss et dans le Sud comme moyen de locomotion, il sert essentiellement aujourd’hui à emmener les touristes en balade, sur les plages de Tanger, dans le désert marocain ou dans les vallées du Drâa et du Dadès. Chez le dromadaire marocain, tout fait l’objet d’un véritable respect qui confine au culte. Son long poil fournit lors de sa mue annuelle les éléments de fabrication de solides tapis et vêtements ; son lait, plus riche que celui des vaches et des chèvres, est un aliment prisé ; sa proverbiale sobriété lui permet de rester jusqu’à quatre jours sans boire (sa bosse s’en ressent et diminue à vue d’œil) ; ses narines se ferment lorsque le vent se lève, ce qui permet à ce vaisseau du désert de ne pas s’arrêter lorsque souffle le simoun ; ses pieds, dotés de coussinets ronds, l’empêchent de s’enliser là où même les conducteurs de 4x4 les plus modernes sortent les pelles à sable ; ses excréments eux-mêmes s’avèrent salvateurs en cas de morsure de serpent ! Voilà assurément des avantages qui compensent son caractère irascible, son haleine épouvantable et son appétit insatiable pour tout ce qui traîne (graminées, vêtements, chapeaux, fils de fer…).

Outre le célèbre camélidé, le désert recèle de nombreuses espèces animales, dont certaines vous inoculeront quelques frissons. C’est le cas de la vipère à cornes ou de sa cousine, la vipère de l’Erg que l'on retrouve dans les régions de l’oasis de Tighmert, de Tarfaya, de Merzouga et de Laâyoune. Mais rassurez-vous, elles ne sortent que la nuit ! En parcourant ces longues étendues de sable doré, vous pourrez également y voir la plus grande mangouste d’Afrique, appelée Ichneumon, le hérisson du désert ou encore le fennec.

L’herpétofaune la plus variée d’Afrique du Nord

Côté reptiles et amphibiens, le Maroc possède une étonnante herpétofaune, qui ne comprend pas moins de 125 espèces et sous-espèces, parmi lesquelles 22 sont endémiques. C’est aussi l’une des catégories d’animaux la plus menacée avec 18 espèces en péril, dû notamment au trafic d’animaux ou à leur utilisation dans la pharmacopée traditionnelle. On peut citer par exemple la tortue grecque, le caméléon commun, le cobra et la vipère heurtante, que l'on retrouve pour certains prisonniers dans des cages à des fins commerciales. Une pratique totalement illégale depuis une loi datant de juillet 2011, visant la protection des espèces sauvages, de faune comme de flore. Entre la Méditerranée et l’Atlantique ourlant le littoral, la faune marine est tout aussi diversifiée, ne comprenant pas moins de 7 100 espèces identifiées à ce jour. Outre les micro-organismes et les invertébrés, les eaux recèlent près de 1 200 poissons et mammifères marins dont 236 sont endémiques. Comme espèce remarquable, on peut citer le phoque moine, en danger critique d’extinction, dont une petite colonie survit dans le Parc national de Dakhla, au sud du Sahara occidental. Quant à la sardine, le mérou, le rouget ou encore le thon, ces poissons sont menacés directement par la surexploitation de la pêche. Mais des mesures ont été mises en place afin d’imposer un repos biologique à certaines de ces espèces.

Une avifaune d’exception

Entre oiseaux résidents et migrateurs, le Maroc fait le bonheur des ornithologues, avec près de 500 espèces recensées. Vous rencontrerez sans peine plusieurs individus de gangas, ces oiseaux au plumage coloré vivant entre autres dans les zones désertiques, des moineaux du côté de l’Ourika et de l’Ouzoud, diverses variétés de traquets dans les hamadas et les regs ainsi que des rouges-queues de Moussier, entre Essaouira et Agadir, et dans l’arganeraie du Souss. Sans parler du grand nombre important d’aigrettes et de hérons garde-bœufs qui peuplent le territoire, et des cigognes, perchées en haut des minarets ou sur les remparts des kasbahs. L’oiseau le plus remarquable du Maroc ? Sans conteste, l’ibis chauve avec sa crête noire et son long bec rouge. De cette espèce menacée, il reste seulement autour de 500 individus sur le territoire marocain, qui ont été aperçus entre autres dans le parc Souss Massa, près d’Agadir et au creux des falaises de Tamrit, où de nouveaux sites de reproduction ont été découverts en 2017. Une bonne nouvelle pour les ornithologues qui voient un progrès constant de sa population. Autre espèce surprenante à découvrir sur les côtes atlantiques du Maroc : les petits pingouins, dernière espèce vivante de la famille des Alcidés ! Outre l’ibis chauve, on recense près d’une trentaine d’espèces menacées sur le territoire marocain, tels le gypaète barbu, la grande outarde, le cormoran huppé et la sarcelle marbrée. Cependant, d’autres espèces ont fait leur apparition au Maroc ou ont élargi leur zone de reproduction. C’est le cas du faucon crécerellette, du choucas des tours, du martinet pâle ou de l’ibis falcinelle. Pour avoir la chance d’observer un maximum d’oiseaux, quelques points stratégiques à ne pas manquer : la réserve ornithologique de l’île de Mogador, face à Essaouira, la vallée des Oiseaux, au sud de Boumalne, la réserve de Moulay Bousselham ou le Parc national de Souss-Massa, passage important d’oiseaux migrateurs.

Une végétation éclectique

Essentiellement de type méditerranéen, la végétation varie d’une région à l’autre, influencée par les climats variés du Maroc. C’est alors une véritable succession de paysages, recouverts d’oliviers, de vignes, de chênes, de pins, de genévriers, de cèdres et de thuyas, qui défilent en arpentant le pays. Si la végétation s’observe surtout au printemps, à l’automne, les champs de coquelicots et les safranières égayent les tableaux ocre du Sud tandis que la lavande parfume les sous-bois. On recense un nombre important d’iris, de jacinthes et aussi de roses, dont une vallée porte le nom au pied du Haut Atlas. Surgissant près des montagnes ou en plein désert, les oasis sont une formation végétale spontanée, blotties au creux d’un oued. De Figuig à Missour, en passant par les oasis de Skoura et de Finnt, elles couvrent 15 % de la surface du pays et suivent généralement les cours d’eau, devenant de véritables coulées vertes au milieu des paysages arides. La palmeraie est l’autre figure incontournable du désert marocain, avec son système d’irrigation ingénieux permettant d’élargir les champs d’exploitation. C’est dans les vallées du Dadès et du Drâa que l’on produit les meilleures dattes.

Arganier et olivier : deux espèces bien adaptées

Espèce endémique du Maroc, l’arganier est un arbre qui pousse naturellement à l’état sauvage, dans le Sud-Ouest marocain, entre Agadir, Taroudant, Tiznit et Essaouira. Il est cultivé seulement depuis plus de 20 ans dans le but de produire la meilleure huile d’argan, connue pour ses nombreuses vertus cosmétiques. Son tronc souvent noueux rappelle l’olivier, mais à la différence de celui-ci, il arbore de grosses et courtes épines (2 ou 3 cm) et produit un fruit de la grosseur d’une noix, friandise préférée des chèvres qui, en véritable acrobate, grimpent sur les branches pour se régaler comme il se doit. À l’intérieur, on trouve une noix qui renferme jusqu’à trois amandons, à partir desquels on extrait l’huile d’argan. Autre espèce traditionnellement cultivée sur le territoire : l’olivier. Grand habitué du climat méditerranéen, il est tout naturel de le retrouver au Maroc où les champs recouvrent une surface de plus d’un million d’hectares. Il peuple entre autres les zones irriguées de l’Oudja, les alentours de Fès et de Marrakech, les zones montagneuses de Chefchaouen, Al Hoceima et Tétouan ainsi que les environs de Safi, près du littoral atlantique. Avec une production annuelle de près de 2 millions de tonnes d’olives, le Maroc produit une huile de qualité dont il est le 5e exportateur mondial.

Une biodiversité menacée

De la faune à la flore, le Maroc surprend par sa grande diversité, variant au fil des paysages. Mais cette biodiversité reste comme partout fragile, en raison des changements climatiques, des écosystèmes qui se dégradent, ainsi que du braconnage dont sont victimes de nombreux animaux. Outre la création de parcs nationaux et la publication de nouvelles lois protégeant les espèces, le pays devra se concentrer, entre autres, sur la protection de ses milieux naturels, véritables trésors de la nature.