Parcs nationaux et espaces protégés

Le Maroc constitue un paradis pour les randonneurs et les passionnés de nature. Le choix est vaste en effet tant les milieux naturels sont variés : littoraux, montagnes, oueds, oasis et déserts. La création des parcs nationaux au Maroc a débuté dans les années 1930, et s’est poursuivie, notamment dans la mouvance du Sommet de la Terre de Rio en 1992. On dénombre ainsi environ 154 « Sites d’intérêt biologique et écologique » dont une dizaine de parcs nationaux et 146 réserves naturelles. De plus en plus de démarches d’écotourisme se déploient dans ces espaces, afin de concilier protection du patrimoine et développement local.

 Le Parc national de Toubkal : situé dans le Haut Atlas, il abrite le second sommet d’Afrique, le mont Djebel Toubkal, culminant à 4 167 mètres d’altitude. Situé à 75 kilomètres au sud de Marrakech, il peut se découvrir à pied, l’accompagnement par un guide local diplômé étant toutefois obligatoire. Le randonneur aguerri découvrira des paysages grandioses : vallées, reliefs, rivières et sources, associés à des chênes, genévriers thurifères, thuyas. Le visiteur appréciera notamment une halte devant les eaux cristallines du lac d’Ifni, plus haut lac du pays, à 2 295 mètres d’altitude, propice l’été à la baignade. Côté faune, il est possible pour les plus attentifs d’observer des mouflons à manchettes, aigles royaux, gypaètes, ou encore singes Magot. Outre son volet de protection de la nature, le parc est très attaché à la sensibilisation à l’environnement et s’est doté d’un écomusée, véritable vitrine du parc, situé entre les villages d’Asni et d’Imlil.

 Le Parc national de Tazekka : situé dans la partie sud du Moyen Atlas, il entend préserver les écosystèmes forestiers autour du mont Tazzeka, habitat des cerfs de l’Atlas, espèce réintroduite en 1994 au sein de chênaies (chêne-liège, chêne zèen et chêne vert). Le sommet du Djebel Tazekka est quant à lui entouré d’une cédraie. On trouvera également, dans les mammifères du parc, le porc-épic à crête, le hérisson d’Algérie, des espèces de chauves-souris, mais aussi le chacal doré ou le renard roux. Parmi les oiseaux, on citera le circaète Jean-le-Blanc et l’aigle de Bonelli.

 Le Parc national d’Iriqui : il protège quant à lui des milieux désertiques. Situé à proximité de la frontière algérienne, il comprend des écosystèmes dunaires associés à l’acacia, mais aussi une zone humide temporaire, le lac d’Iriqui, qui accueille gazelles dorcas, hyènes rayées, caméléons, geckos et autres reptiles, mais aussi de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs en hivernage.

 Le Parc national d’Al-Hoceima. Situé au nord du pays, en bordure de la Méditerranée, il est constitué de magnifiques espaces côtiers, mais aussi d’un relief montagneux à l’intérieur des terres.

 Le Parc national de Talassemtane : situé à proximité de Chefchaouen, au nord-ouest du pays et soumis à des influences méditerranéennes et montagnardes, il est constitué de paysages pittoresques de falaises, forêts, gorges étroites et profondes. Il abrite une biodiversité importante, dont des espèces endémiques telles que le sapin du Maroc, mais aussi des macaques, loutres et lynx.

Le Parc national d’Ifrane. Au cœur du Moyen Atlas, il accueille visiteurs et pêcheurs. Il offre des paysages sublimes, caractéristiques de cette région de lacs et forêts.

Le Parc national du Haut Atlas oriental. Ce parc se distingue par la grande variété de ses milieux naturels. Forêts de cédraies et chênaies, genévriers thurifères et de Phénicie, qui laissent la place plus en altitude à un paysage steppique. Côté faune, on trouvera une population de mouflons à manchettes, des gazelles de Cuvier, mais aussi de rares léopards de Berbérie et loups d’Égypte, des rapaces et autres espèces d’oiseaux, des amphibiens et des reptiles. Le visiteur intéressé par le patrimoine culturel du pays ne manquera pas le festival des fiançailles d’Imilchil, une fête traditionnelle qui a lieu chaque année pendant l’été.

 Le Parc national de Khenifiss. Situé au nord-est du pays, il abrite une faune et une flore caractéristiques des milieux humides, au sein de la lagune Khenifiss, mais aussi des vestiges archéologiques.

 Le Parc national de Khénifra. Situé au Moyen Atlas, il permet de découvrir de nombreux mammifères, tels que des hyènes rayées, ou des rapaces comme l’aigle royal, mais aussi des reptiles et des amphibiens. Il abrite également une des plus grandes cédraies du pays, à Ajdir Izayane, associée à des populations de différentes espèces de chênes et des pins maritimes. On trouve également des prairies humides parsemées de genévriers cade et thurifère.

 Le Parc national de Souss-Massa. Situé entre Agadir et Tiznit, bordé par le Haut Atlas, l’Anti-Atlas et l’océan Atlantique ce parc abrite une biodiversité exceptionnelle, incluant des espèces endémiques. Avis aux naturalistes, les oueds de Souss et Massa accueillent plus de 40 espèces de reptiles et d’amphibiens, mais aussi un grand nombre de mammifères (dont gazelles, mangoustes, chacals) et d’espèces d’oiseaux, notamment une des dernières populations d’ibis chauve. Botanistes ou amateurs éclairés, la flore du parc est estimée à plus de 300 espèces, dont des euphorbes et arganiers. On observe un endémisme commun avec les îles Canaries pour plus de 28 espèces principalement de faune.

 Réserve de biosphère Arganeraie : réserve naturelle classée en 1998 dans le cadre du programme Man and Biosphere de l’UNESCO, elle est en partie comprise dans le Parc national de Souss-Massa. Elle vise à protéger l’écosystème de l’arganier, menacé par la désertification, mais aussi par une importante pression anthropique. Le classement vise également à maintenir un développement économique local fondé sur des pratiques ancestrales, porté notamment par des coopératives de femmes.

Les défis environnementaux

La stratégie nationale de l’environnement élaborée par le pays est fondée sur un état des lieux mettant en exergue un certain nombre d’enjeux prioritaires, en termes d’environnement, mais aussi de santé publique. Il s’agit notamment de la gestion de l’eau, de la lutte contre la désertification, de la pollution et de la dégradation des milieux naturels. La biodiversité est en effet menacée par les pressions principalement anthropiques exercées sur les milieux et les espèces. La surpêche, la chasse et les prélèvements excessifs (plantes) ont entraîné la disparition de certaines espèces et en menacent d’autres. La pollution, générée à la fois par les activités agricoles, l’industrie, mais également l’urbanisation (en lien avec les infrastructures touristiques) ont généré des pollutions (air, eaux, sols) altérant à la fois la qualité de ses milieux et contribuant à la contamination des espèces elles-mêmes et de la chaîne alimentaire. Enfin, l’extraction massive de sable pour la construction, le surpâturage et la déforestation contribuent à l’érosion des sols et à sa plus forte vulnérabilité au changement climatique et aux risques naturels présents dans le pays, notamment les sécheresses et les inondations. La contamination des ressources en eau, associée à une gestion déficiente des effluents aqueux et des déchets, induit également des impacts sanitaires pour l’Homme. La qualité de l’air est également préoccupante dans les grandes villes. Elle est due principalement aux particules émises par le trafic routier, les activités industrielles, et représente un coût humain et financier. La mauvaise qualité de l’air constitue ainsi le 8e facteur de mortalité au Maroc et coûterait 1,62 % du PIB. L’agriculture, quant à elle, impacte la ressource d’eau et génère des effluents chargés en pesticides. L’oléiculture pose des problèmes liés aux margines, mélanges d’huile et d’eau, qui, quand rejetées dans les eaux de l’Oued Sebou, contaminent les sites de production d’eau potable situés en aval. L’agriculture contribue également au phénomène de déforestation, assez préoccupant dans le pays. Le pays est encore très dépendant des énergies fossiles, majoritairement importées. Le bois combustible est encore très prégnant et génère des problèmes à la fois en termes de qualité de l’air, d’émissions de gaz à effet de serre et de déforestation.

Plan national pour la qualité de l’air

Pour faire face aux problématiques de qualité de l’air, un nouveau Plan national de l’air a été élaboré pour la période 2018-2030, prévoyant notamment une meilleure surveillance de la qualité de l’air via de nouvelles stations de surveillance. Des mesures réglementaires sont également attendues, concernant notamment l’industrie et les transports.

Gestion des déchets

Afin de mettre en place une véritable gestion des déchets, le pays a initié en 2008 un Plan national des Déchets ménagers, dont les échéances, pour la création de sites de stockage, ont été repoussées à 2024, suite à de nombreux retards. Des efforts restent à poursuivre, notamment pour les villes de Casablanca et Tanger.

Énergies renouvelables

Le Maroc s’est doté d’un Plan national des Énergies renouvelables qui fixe un objectif de 42 % d’électricité issue d’énergie renouvelable à l’horizon 2020. C’est dans ce cadre qu’a été mis en service en 2016 le premier volet de la centrale thermodynamique à concentration de Noor. Située à proximité de Ouarzazate, elle est équipée de miroirs qui captent l’énergie du soleil, avec une capacité qui ambitionne, après extension, les 480 mégawatts. Quatre autres centrales solaires sont en projet dans le pays. Le Maroc exploite également son potentiel éolien, grâce à un parc dont la capacité représentait 787 Mégawatts en 2016.

Plan Méditerranée

Initié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en 1975, le plan d’action pour la Méditerranée (PAM) vise à lutter contre la pollution du milieu marin. Il associe les différents pays méditerranéens, dont le Maroc, et fixe des objectifs ou des cadres d’actions pour la réduction des pollutions, la protection de la biodiversité ou encore l’adaptation au changement climatique.